Mon atelier de peintre

Mon atelier de peintre

CARNET DE VOYAGES DE MON ARRIERE ARRIERE GRAND PERE chapitre 6

 

 

 

 


 

Lahore, 15 janvier 1869

 

 

 

 

Nous sommes logés à Lood Hôtel Lahore, juste en face d'une des portes de la ville noire (gate Lahore).

Hier matin, j'ai un peu parcouru cette ville noire, qui est très curieuse à visiter et dans laquelle, il y a plusieurs mosquées remarquables.

C'était hier grande fête pour les musulmans et depuis midi jusqu'au soir, une foule innombrable sortait des portes de la ville et se rendait à une grande mosquée, qui se trouve derrière notre hôtel.

Des marchands ambulants de toute sorte s'étaient établis sur le chemin et principalement en face de la porte.
Des bayadères dont quelques unes fort jolies, très gracieusement habillées ou plutôt drapées dans leurs voiles de mousseline et d'or, avec les pantalons serrés contre les jambes, les bras et les chevilles chargés d'anneaux, dansaient une insignifiante pantomime au son de cette insipide musique des hindous.

Parmi tout ce peuple en guenilles, il y avait pourtant de fort jolis et fort gracieux costumes, les enfants surtout étaient remarquablement habillés, soit mahométan soit hindou.

De temps en temps, un dromadaire richement carapaçonné et avec un bonnet doré sur la tête, des anneaux aux jambes, monté par deux ou trois hindous se faisait jour dans cette foule compacte, où les chevaux, les voitures et les buffles galopaient sans causer d'accidents.

Un énorme éléphant avec une tour sur le dos et quatre individus dans cette tour, plus un cinquième assis sur la tête de l'éléphant et qui le conduisait à l'aide d'une espèce de harpon de fer, se fit jour également dans la foule, allant presque au trot.

Ce spectacle était très animé et très curieux pour des européens.

Demain nous devons aller visiter toute la ville.

Ce qu'il y avait de plus remarquable dans notre promenade matinale dans la ville noire, c'est qu'à notre approche tous les enfants et les chiens se sauvaient avec épouvante, tandis que les boeufs et buffles que nous rencontrions avaient toujours l'air de se consulter pour savoir s'ils ne devaient pas nous souhaiter la bienvenue avec leurs cornes.

Nous avons vu de superbes moutons mérinos ou cashmere, avec cette extraordinaire queue plate qu'il faut considérer un moment attentivement pour se rendre compte de ce que ce peut être.

Nous avons donné hier notre première représentation à Lawrence's Hall,

 

 

la salle était comble au possible.

Tout à bien marché, nous jouons ce soir.

 

Calcutta, 25 mars 1869

 

Dave Carson, en arrivant à Calcutta s'est arrangé avec quelques artistes dramatiques anglais.

Il est parti avec eux le mercredi 21 mars pour Allahabad où il doit jouer une fois, de là aller à Jubulpore, Magpore et enfin Bombay, où il compte séjourner deux mois et où nous devons aller le rejoindre.

 

Dimanche de Pâques, 28 mars, Dave Carson m'a demandé la main de Mélanie.

 

 

 

 

 

Le mariage doit se faire à Madras vers le mois de juillet.

Nous sommes partis de Calcutta à bord du "Meinan", le lundi 9 avril pour Pondicherry où nous allons passer un mois, ou six semaines.

 

Pondicherry, 12 avril 1868

 

Pondicherry est une petite ville fort propre, très agréable à l'oeil, les maisons sont bien blanches, les rues bien nettes et bien macadamisées pour l'usage des pousse-pousses.

 

 

 

Mais hélas! l'âme de ses habitants est aussi noire que les robes de ses missionnaires souvent blanches.

Tout le venin des serpents de l'Inde semble s'être répandu sur cette cité d'apparence si calme et si religieuse!

Trop religieuse, car la robe y donne en souveraine et robe de femme ou robe de prêtre...

Ma foi, il vaut encore mieux la robe de femme, au moins on sait ce qu'il y a dessous!

Il y a à Pondicherry, une poignée d'européens qui sont continuellement à médire l'un de l'autre, à se calomnier et à se détester cordialement.

 

Aujourd'hui 30 juin à 11h du matin, a été célébré le mariage de Mélanie avec Monsieur David Nunez Cardozo, dit Dave Carson, américain de naissance et minstrel de profession.

 

 

 

Cubbon Hôtel 8 juillet 1869

 

J'ai joué pour la première fois sur mon stradivarius, les "souvenirs de Bellini".

Je voulais le juger dans une grande salle et ce que j'espérais de ce violon est dépassé!

C'est un instrument admirable sous tous les rapports.

Nous jouons ce soir pour les soldats.

 

Spence's Hôtel, 29 septembre 1869

 

La semaine dernière, un tigre est descendu de la colline, qui est près de notre hôtel et a tué deux hommes et une femme qui gardaient un troupeau de moutons.

 

Bombay, lundi 4 avril 1870

 

L'année théâtrale avec la compagnie dramatique, a fini le samedi 2 avril 1870.

Lundi 4 avril nous recommençons une nouvelle saison de douze mois avec le danseur à une jambe, Monsieur Harrey, Herbette et Abecco.

Encore une année de saltimbanques!

Réservez vos billets !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

 

 

 

 

Adolphe              Marie-Rose         Dave Carson     Victor      Mélanie

 

 

Marie-Rose a été incinérée et ses cendres jetées dans le Gange le 23 novembre 1913

Victor est mort de la dysenterie le 15 août 1885 à Calcutta.

 

 

Fin de ce carnet de voyages.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



13/09/2012
1 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 684 autres membres