Mon atelier de peintre

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UNE FEMME, UN SIECLE : XIXe siècle par HORTENSE

 

Dans cette rubrique : « Une femme, un siècle » j’ai imaginé l’héroïne et ses propos mais toutes les personnes, sujets et anecdotes qui apparaissent dans ce récit sont réels.

 

BIENVENUE DANS LE XIXe SIECLE D’HORTENSE

 

 

 

"Je vais commencer mon travail d'institutrice ! J'étais si impatiente d'enseigner... Je n'ai pas pu intégrer une des Ecoles Normales d'Institutrices (il y en a seulement huit sur toute la France) mais des cours m'ont été dispensés surtout basés sur la morale et la religion.

J'ai obtenu un brevet de capacité et un certificat de bonne vie et moeurs

 

J'ai de la chance car Monsieur le Maire a mis à ma disposition la salle des archives de la mairie comme salle de classe et m'a proposé une petite rémunération en échange d'un classement des documents.

Cet appoint d'argent m'aidera car mon salaire est très bas...

 

Mes élèves et moi-même pourrons aussi profiter du poêle à bois qui est installé dans cette pièce avantage non négligeable !

Je devrai me lever très tôt pour allumer le feu, même si la température ne dépassera pas les 15°, ce sera mieux que rien.

Chaque élève devra apporter une bûche le matin pour entretenir le feu.

 

 

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Dans le village de Cyré, on m'a dit que la maitresse enseignait dans une étable avec le bétail, ce qui présentait l'avantage de "chauffer" l'endroit.

 

Et plus loin à l'est, la maîtresse faisait école chez elle, ce qui lui permettait de surveiller son bébé et préparer la cuisine en même temps.

 

Je vais enfin rencontrer mes élèves en cette rentrée de 1848.

 

La plupart, on m'a déjà prévenue, viendront à l'école de décembre à avril car ils participent aux travaux des champs de mai à novembre.

Cela va faire du bruit car ils seront alors une cinquantaine dans la pièce...

 

La plupart viennent et repartent à pied, de loin parfois 10 kilomètres, été comme hiver.

Ils portent des sabots dans lesquels sont glissés des chaussons de feutre.

 

Dans les villes, la plupart des enfants d'un milieu modeste ne vont guère à l'école car ils travaillent dans les usines dès leur plus jeune âge.

 

En campagne les garçons et les filles sont mélangés dans la classe, alors qu'en ville on trouve le maître avec les garçons et la maîtresse avec les filles.

 

En primaire, cours de couture et de cuisine pour les filles. Travaux sur le fer et le bois pour les garçons.

 

Les filles sont dispensées de latin, grec et de philosophie et ont seulement une initiation aux sciences.

 

Les garçons pratiquent la gymnastique qui va les préparer à être de bons soldats et les filles étudient l'enseignement ménager pour devenir de bonnes maîtresses de maison.

 

Pour tous, les matières principales sont la lecture, l'écriture et le calcul.

 

Les langues régionales et le patois sont très répandus mais proscrits à l'école. Le français est presque considéré comme une langue étrangère à apprendre.

 

L'instruction morale et religieuse, le système légal des poids et des mesures. Ils ont un boulier pour compter.

 

Puis l'histoire et la géographie qui louent la République et l'Empire colonial français.

La classe commence toujours par un leçon de morale.

 

 

 

"Le  maître dans sa salle de classe" par Johann Peter Hasenclever (1850-1853) Prussien

 

 

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Le règlement interdit aux élèves de :

 

-Cracher à terre

-Mouiller ses doigts pour tourner les pages

-Essuyer son ardoise en crachant dessus ou avec sa langue

 

Je sais que mes collègues instituteurs sont souvent sévères : pour les petites fautes, ils punissent l'élève par l'agenouillement simple. Pour une plus grande faute, l'élève en plus de l'agenouillement, porte dans une main levée, une brique. Et le bonnet d'âne pour les mauvais élèves.

 

L'expression "Apprendre ses leçons sur le bout des doigts" vient du fait que le maître tapait sur les doigts des élèves qui ne savaient pas leur leçon avec une baguette ou une règle.

 

 

 

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L'école, parfois payante n'est pas encore obligatoire. Les plus modestes ne peuvent y accéder sauf quand la commune peut les prendre en charge grâce à des dons de notables.

 

Certains enfants n'étaient pas envoyés à l'école car trop importants dans le travail de la ferme et les parents ne voyaient pas non plus l'intérêt de l'éducation scolaire...

 

 

 

Nikolaï Bogdanov-Belski (1868-1945) Russe

 

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Je fais de mon mieux pour leur inculquer non seulement les connaissances importantes pour leur vie future mais aussi les valeurs morales et religieuses...

 

 

 

J'espère que cette promenade dans mon siècle vous aura plu...



22/01/2024
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